À la suite de cette expérience positive, avec la MAB SPL et la mairie de Fontenay-sous-Bois, nous avons imaginé une nouvelle résidence, de mars à juillet, qui m’a permis de maintenir une présence régulière sur le territoire, cette fois en concentrant ma recherche sur la dalle du quartier.
Ma mission consistait à réaliser une analyse sensible et vécue du système dalle/tour, en développant un travail éditorial documentant les pratiques d’appropriation spontanées du site, ainsi qu’une action artistique éphémère in situ invitant à percevoir le paysage urbain comme un espace concret et non figé.
C’est dans ce cadre qu’est née De Fleur en Fleur, une action participative clôturé le 4 juillet, inscrite dans la politique d’accompagnement culturel des projets de transformation urbaine portée par la Ville.
Durant l’année 2024-25, en binôme avec Adélaïde Papay, nous avions mené une première phase d’analyse du territoire, de ses réseaux relationnels et de sa mémoire spatiale collective. Ce travail préparatoire m’a permis d’approfondir plusieurs enjeux lors de cette nouvelle résidence et de poursuivre des liens avec les habitants, devenus essentiels dans la continuité de la recherche.
La Dalle des Larris a été construite à la fin des années 1960. Son architecte, Marcel Lods, appartient à un courant architectural qui voyait dans les grands ensembles de banlieue la possibilité de traduire en béton une idée d’égalité urbaine. L’urbanisme sur dalle incarne une utopie ultra-moderniste : celle de séparer le sol réel, où circulent les voitures, d’un sol artificiel surélevé, réservé aux piétons et à la vie sociale. L’architecture rationaliste, à laquelle s’inscrit ce principe, cherchait à produire une ville efficace et organisée. Elle a cependant fini par générer des inégalités moins visibles, inscrites dans la matérialité même des espaces et dans les usages qu’ils rendent possibles ou difficiles1.
Huit tours entourent aujourd’hui la dalle. Chambord, Cheverny et Chenonceau appartiennent au bailleur social Valophis et regroupent 318 logements sociaux. Les autres tours: Alice, Béatrice, Colette, Delphine et Elvire , sont en copropriété privée et comptent environ une centaine de logements chacune.
Ce grand ensemble a fait l’objet de nombreuses études urbaines, dont une expertise juridique et foncière mettant en évidence la complexité de sa situation. La dalle est gérée par une copropriété privée, « Les Jardins de la Plaine », qui rassemble 520 copropriétaires. Cet espace constitue ainsi une multipropriété complexe, composée de plusieurs copropriétés distinctes : cinq tours privées, une copropriété dédiée à la dalle et au parking, ainsi que des tours sociales voisines.
Cette fragmentation rend difficile toute intervention globale et constitue l’un des enjeux majeurs des transformations futures du site.