Design des territoires

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G.P.S : Gage de Projets Soucieux

  • Design des mondes urbains
  • Date/Période :
    Du 18 novembre 2025 au 29 janvier 2026

    Auteur(s)/Autrice(s)

  • Visiteur Urbains
  • Résident(s)

  • Visiteur Urbains

Après cinq mois de résidence sur le territoire de Grand Paris Sud, une évidence s’est imposée à nous : il ne s’agit plus seulement de restituer un diagnostic, mais de déplacer le cadre même de la discussion autour des projets qu’on porte. C’est dans cette perspective que nous avons imaginé un Gage de Projet soucieux, une matinée pensée comme un moment charnière de réflexion collective, engageant autant les institutions que les acteurs et actrices du territoire.  On s’est donc retrouvés nous cinq, et trente personnes invitées (Directeurs généraux, agriculteurs, Habitants…) au sein du Théâtre Sénart à Lieusaint.

ATTERRISSAGE DES PETITS OISEAUX QUE NOUS SOMMES ET ENQUÊTE !

Nous avons choisi d’atterrir sur trois sites : la Seine, le Plan de Ris-Orangis et le Carré Sénart. Ces secteurs sont aujourd'hui nos terrains d’enquête de projet. Au sein de ces derniers, nos méthodes nous ont permis de construire des outils spécifiques pour lire, éprouver et mettre en discussion les réalités du territoire. 

Déjà on a mis des mots sur ce que l’on souhaitait voir s’améliorer sur ces espaces.

Le Plan ? Concocter un lieu de vie ;

Faire Assemblée pour célébrer la Seine ;

Faire valoir la dimension agricole du Carré Sénart, nouveau vecteur de soin.

Ensuite nous avons laissé place à l’enquête :


La Seine de Ris-Orangis à Corbeil-Essonne

Rencontrer le fleuve par la marche : longer la Seine, observer ses rives, ressentir les ambiances et photographier les différents espaces.

Se renseigner sur les crues : interroger les acteurs concernés dans les commerces du centre-ville et mener des recherches documentaires.

Récolter les savoirs habitants : mise en place d’ateliers d’écriture auprès de l’Union des retraités d’Évry-Courcouronnes, en échange d’ateliers numériques.

Commencer à fédérer et à créer du lien : aller à la rencontre des habitants et usagers des bords de Seine (club d’aviron de Corbeil, communes riveraines, syndicats d’aménagement, etc.).

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Secteur de la salle de concert Le Plan

Découverte de l’histoire du lieu et de ses problématiques : rencontres avec la direction et les équipes du Plan.

Observation des usages et de l’environnement proche : exploration du site et de ses abords pour comprendre ses dynamiques et ses fragilités.

Interviews spontanées auprès des personnes environnantes : habitants proches, usagers du quartier et publics du Plan.

Récolte de témoignages et de documents d’archives : diffusion de tracts et organisation de sessions de porte-à-porte pour collecter souvenirs et perceptions du lieu.

- Exploration de jour comme de nuit pour capter les différents usages : dans la grande salle  lors d’un concert, au sein du hall du lieu lors d’évènements lycéens, à l'extérieur côté parking un soir de drift, en pleine journée du côté esplanade et parcelle.

Secteur Sénart

Identifier les circuits d’usages de l’hypercentre et ses interactions avec le paysage agricole par l’enquête de terrain et la cartographie sensible.

Créer des liens avec les fermes environnantes : rencontre avec Isabelle Signolle (cueillette de Servigny) et autres acteurs agricoles.

Enquête nocturne pour cartographier la biodiversité animale du Carré et observer les cycles lumineux.

Rencontre avec l’ICAM (partenariat à approfondir).

Enquête sur les lisières et reportage photographique du corridor Rougeau–Sénart.

Interviews spontanées auprès des personnes présentes sur le territoire.

DES ATELIERS MAIS POURQUOI FAIRE ?

Célébrons la Seine

De même que tous.tes les acteur.ices et habitant.e.s du territoire projettent des imaginaires sur la Seine, nous avons voulu projeter la Seine sur une grande feuille blanche afin que les participant.e.s de l’atelier puissent, dans une démarche collective, écrire, coller et dessiner des ébauches d’infrastructures, d’idées, de projets relatives à l’organisation d’une festivité sur les deux berges de Seine.

Dans un premier temps, des images d’archives de la Seine à Corbeil-Essonne collectées auprès de l’association Patrimoine et Mémoire du Vivant, ont été diffusées afin de nourrir les imaginaires des participant.e.s en invoquant d’anciens modes d’appropriation des berges de Seine. Nous avons par la suite diffusé un enchaînement de 4 plans fixes que nous avons filmé nous-même sur différentes sections de la Seine, sous différents angles et moment de la journée.

Quatre question directrices étaient posées aux participants pour guider leur propositions:

Quoi? Quel est le contenu de l’évènement, matériel et immatériel.

Qui ? Quel.le.s participant.e.s ? Intervenant.e.s ? (ex: Voies Navigables de France, SIARCE, associations, chanteurs)

Comment ? Il s’agit de penser la logistique d’un événement. A qui se référencer afin d’obtenir les autorisations administratives nécessaires

Où ? Quel lieu fait sens afin de réunir les habitants des deux berges ? A quel moment de la journée ? Sous quelle météo ?

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Au terme de 40 minutes d’atelier, nous avons pu recueillir de nombreuses idées et nouer des relations avec différent.e.s acteur.ice.s pour la réalisation de ce projet à l’avenir. Nous avons entamé des discussions avec l’Atelier d’Art Plastique d’Evry-Courcouronnes afin de développer un projet avec les étudiant.e.s en classe préparatoire sur la thématique de structures flottantes sur la Seine. Nous avons également prévu de rencontrer le Club Nautique de Ris-Orangis pour un entretien sur une barque sur la Seine.

Le Plan, créer un lieu de vie ?

L’atelier avait pour objectif d’imaginer le Plan dans un futur proche comme un lieu de vie plus ancré dans son quartier, en lien avec ses abords immédiats : parking, esplanade, parcelle voisine et habitations. Réunissant des acteurs aux profils variés (équipe du Plan, urbanistes, élu.e.s, technicien.ne.s de l’agglomération et partenaires locaux), l’atelier a permis de partager une vision commune du site et de ses évolutions possibles.

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À travers des échanges ouverts et des projections collectives, ce moment a facilité la circulation de la parole entre les travailleur.e.s de l’espace étudié. Il a permis de faire émerger des idées d’activités (ressourcerie musicale, ateliers cuisine, marché paysan, jeux, scène ouverte, AMAP, animations culturelles) et de mettre en évidence des ressources locales à mobiliser, comme la ferme de l’Aunette située à proximité ou les lycées hôteliers et horticoles. Les discussions ont aussi soulevé des questions clés : comment rendre la parcelle accueillante ? Comment inclure les usages existants autour du Plan (jeunes, gens du voyage, drifteurs) ? Comment créer du passage dans un lieu sans flux naturel ?

Cet atelier a soulevé de nouvelles questions au sujet de la parcelle située à proximité de la salle de concert. Nous avons donc prévu un rendez-vous avec la commune de Ris-Orangis afin d’éclaircir les possibilités sur ce site. Voyant que les questions de création de lieu de vie étaient très liées aux activités et à l’alimentation, nous prévoyons d’activer cette piste. Une phase d’analyse des possibilités nourricières aux alentours du Plan est en train d’être mise en place. Nous avons également à tisser davantage de liens avec les habitants des quartiers environnants que ce soit en organisant des événements pré et post concerts ou encore en allant directement présenter des idées auprès des maisons de quartier. 

On se prend le chou !

Lors de nos enquêtes sur le Carré Sénart, nous avons observé l'importance de mettre en avant la dimension agricole de ce lieu afin de le faire exister comme un vecteur de soin à l'échelle du territoire. Vecteur, car nous émettons l'hypothèse qu'une réflexion soucieuse sur cette entité commerciale et paysagère pourrait transcender le définition de soin qui est portée par les politiques publiques vers un soin au sens large du terme,  tant bien dans le bien-être mental, physique et sportif que dans le soin à la terre et aux savoir-faire d’agriculteur·ices engagé·es sur un paysage vivant.

Dans le cadre de cet atelier On se prend le chou !, les participant·es ont été invité·es à imaginer des projets au sein du Carré Sénart sous la forme d'un jeu d'équipe et de vitesse. Après qu'un axe de réflexion ait été révélé au centre de la table, les trois équipes ont du se positionner sur deux profils types d'usager·es et sur une forme de réponse. Lorsque tout les pions-choux sont posés, chaque équipe défend ses idées auprès des autres. Chaque carte ne pouvant réceptionner qu'un pion, La vitesse de réflexion et d’action était essentielle pour éviter que ses idées ne soient "volées" par les autres équipes

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Les choux Romanesco

Ce groupe a émis l’idée d’un "jardin punk", destiné aux promeneurs et aux étudiants. Ce projet peu coûteux, et réversible permettrait d’impliquer les publics dans la création de leur propre paysage. Il viserait à sensibiliser au paysage et à la biodiversité.

Les choux de Bruxelles

Ce groupe a proposé un projet destiné aux travailleurs et aux consommateurs. L’idée était de mettre en place des actions de distribution alimentaire dans des lieux déjà fréquentés par ces publics (commerces, espaces de travail, etc.) dans le Carré Sénart. L'objectif était de transformer ces actions en vecteurs de lien des fermes du carré.

Les chou-fleurs

 Enfin, ce groupe a proposé la création de parcours sportifs, destinés aussi bien aux sportifs qu’aux non-humains. L’idée était d’imaginer un sentier de randonnée avec des éléments qui favorisent la cohabitation entre humains et non-humains : corridors, sentiers défrichés, etc. La santé n'est plus physique, mais passe aussi par le bien-être d’aller à la rencontre de son environnement naturel.

Suite à ces propositions, le collectif a choisi de se concentrer davantage sur les notions de parcours, de sentiers et d’orientation des usages dans le territoire. Plusieurs actions sont en préparation.

  • Le collectif va collaborer avec les étudiants de l'ICAM et la cueillette de Servigny pour expérimenter des initiatives de distribution alimentaire sur le carré.
  • Un projet en collaboration avec ce festival est envisagé, mettant un accent particulier sur l'axe Royal Rougeau-Sénart : comme secteur d’usage à interroger.
  • Le collectif envisage également de prendre contact avec les habitants et les acteurs du Carré pour faire émerger des interventions artistiques ou de mobiliers temporaires, peut-être de signalétique ou de modules de cultures.

Un grand merci à toutes les personnes présentes pour leur temps, leurs idées et leur confiance. Cet atelier a permis de mettre autour de la table des regards différents, de partager des envies et de mieux comprendre ce qui pourrait faire vivre ce lieu demain. Les échanges ont été riches, concrets, et ont ouvert de nombreuses pistes pour la suite : des liens à renforcer, des partenaires à rencontrer et des premières actions à tester. Grâce à cette discussion collective, nous repartons avec une vision plus claire et partagée.