Design des territoires

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Un point de vue dans les Larris

  • Design des mondes urbains
  • Date/Période :
    Du 28 mai au 05 juin 2025

    Auteur(s)/Autrice(s)

    Résident(s)

  • David Aubriat

Le quartier des Larris, à Fontenay-sous-Bois, a été construit dans les années 1970 par l’architecte Marcel Lods pour répondre à une forte demande en logements liée à l’expansion urbaine. Idéalement situé à proximité de la ligne A du RER, il permet un accès rapide à Paris. Cette accessibilité a contribué à un phénomène de « ville-dortoir » : en journée, le quartier se vide.
Les personnes rencontrées durant les phases d’enquête étaient majoritairement des enfants, des parents d’élèves, des retraité·es, et des membres actifs dans la vie associative locale.

Ce vide, en apparence anodin, révélait une forme d’inattention à l’égard des usages locaux. Il signalait l’absence d’un geste de soin. L’idée est alors née et si nous fabriquions ensemble ce banc manquant ? Un objet issu du quartier, conçu à partir des désirs, des corps, des savoir-faire locaux.

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Crédit : David Aubriat
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Crédit : Adélaïde Papay

Le banc a été construit lors d’un atelier collectif animé avec les habitant·es et les Compagnons Bâtisseurs, dans le cadre du chantier de la pergola du Club Matteraz. Ce n’est pas un simple mobilier urbain : c’est un geste d’appropriation. Une co-construction incarnant le droit d’agir sur son cadre de vie. Il dit : « Ici, nous voulons nous arrêter. Ici, il y a quelque chose à voir, à vivre, à partager. ≫

Pour son inauguration, une parade a été organisée. Le banc, placé dans un caddie, objet vernaculaire du quartier souvent errant, est devenu véhicule symbolique. Ensemble, nous l’avons porté jusqu’au sommet de la butte. Ce déplacement public, joyeux et sonore, a matérialisé un droit fondamental, celui de revendiquer sa place dans l’espace commun.

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Crédit : Adélaïde Papay
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Crédit : David Aubriat

Ce projet modeste soulève un enjeu profond : celui de la démocratie urbaine. Il montre que les habitant·es, lorsqu’ils sont impliqués, deviennent acteurs à part entière de leur ville. Le banc devient un manifeste. Il rappelle que l’espace public ne se reçoit pas, il se construit. Physiquement, symboliquement, politiquement.

Exploration du quartier avec les habitant·es. Un résident a désigné une butte comme lieu idéal pour installer un banc

Depuis le début de ma résidence aux Larris, j’ai entrepris d’aller à la rencontre des habitant·es autrement. Par le biais d’interviews-balades avec Moé Muramatsu (les illustrations), nous avons exploré ensemble le quartier. Ce sont eux, véritables experts de leur territoire, qui m’ont conduit jusqu’à un point précis : une butte offrant une vue saisissante sur les tours, ces silhouettes familières du paysage urbain local. Là, il manquait un banc.

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Deux personnes assises sur le banc admirent la vue Crédit : David Aubriat