Au sein de la tuilerie Aupeix, je questionne cet entre deux: entre artisanat et industrie, unicité et standardisation, espace d’expérimentation et espace contraint. L’échelle de la production de tuiles à Saint-Hilaire-les-Places se situe à mi-chemin, entre une maîtrise de paramètres et de contraintes normés, et certains espaces d’imprévus, quant à la manière dont la matière se transforme, ainsi qu’à l’implication humaine dans le processus. On peut la qualifier de semi-artisanale. J’entrevois alors la possibilité d’agir à petite échelle, au plus près de ce/ceux qui la composent. Il s’agit de s’insérer sans perturber le déroulement, hors de ces temps déjà établis, dans les écarts, les interstices, les entre-deux, tout aussi rythmés mais où il semble possible d’œuvrer. De là, il ne s’agit pas de s’intéresser uniquement à la forme produite en soi, mais de comprendre d’où elle vient, comment et quand elle surgit. Il faut alors s’intéresser aux composants même de l’entreprise, afin d’en expérimenter le système, l’ordre, les formes, la matière, les paramètres, ce qui contraint et cadre, définit et dessine d’une certaine manière ce qu’il s’y produit. Il s’agit d’observer, entre autres, ce qui est actif, en processus, en déroulement. Ces éléments deviennent autant de ressources — matérielles et immatérielles — dans lesquelles puiser et composer.
Ce processus génère ainsi en série des formes semi-finies uniques en s’insérant dans les interstices d’un rythme et d’un processus de production, tout en valorisant les qualités intrinsèques d’une terre locale. À partir de cela, j’ai dessiné des lampes. Elles sont des objets du quotidien, et répondent tant à des besoins individuels que collectifs, tant pour des espaces domestiques que des espaces publics.