Pendant le premier atelier, nous avons présenté nos métiers, puis introduit la notion du « chez soi » et de ses différentes échelles. Ce projet répond au besoin de réinventer des manières de réhabiliter les commerces vacants. Mais il vient aussi questionner les manières de percevoir les espaces publics de nos villages, interroger nos manières d’habiter. En écho au projet de la salle des fêtes de Beurières (cf p.324), il a pour but de nous mettre en action sur le devenir des centre-bourg en milieu rural et à sensibiliser aux différents enjeux et leviers d’actions possibles. Certaines de nos pratiques ont migré loin de nos lieux d’habitation (travail, commerces, culture, services, etc.), ce qui nous pose à tou·tes la question de ce que l’on voudrait réintroduire dans ces lieux devenus vacants. Les ateliers scolaires ont pour but d’apprendre aux élèves à voir et analyser les bâtiments dormants, pour ensuite imaginer ensemble en quoi ils pourraient se transformer. Indirectement, ils et elles touchent aussi leurs parents et, dans une moindre mesure, les passant·es qui tomberont sur leurs travaux, à l’école ou dans une vitrine. Ce projet n’est pas une solution économique à la reprise de commerces, mais plutôt un déclencheur d’imaginaire sur les transformations possibles de ces espaces. Parmi les multiples échelles du « chez soi », (la chambre, la maison, le quartier ou le village, la vallée, le département, etc.), celle du village est la première que l’on partage avec des personnes que l’on ne choisit pas. C’est à cette échelle que se mettent en place des systèmes de gouvernances, d’ententes relationnelles et de compromis. C’est aussi et surtout là que se pose la question de l’utilisation de l’espace public et de sa transformation par les habitant·es ou par les collectivités territoriales.