Si la ligne de crête forézienne est une frontière et une zone d’échanges historique, c’est aujourd’hui un lieu où se côtoient agriculture et élevage, loisirs et protections environnementales. C’est ce sujet de partage de la montagne qui anime notre projet et notre pensée. Comment concilier celles et ceux qui viennent pour les loisirs et celles et ceux qui y travaillent ? Comment penser des espaces de cohabitation et des projets qui leur profitent communément ? Et cela au sein d’un lieu au patrimoine paysager et écologique important ?
C’est ainsi que nous arrivons au Col du Béal, véritable porte d’entrée des monts du Forez. Celle-ci est au croisement des chemins, enfin, en tout cas, à celui des D40, D6, D102 et du GR3. Mais que peut-on trouver à ce point d’étape ?
On y trouve l’Auberge du Col du Béal. On peut y boire, y manger et dormir au Gîte du Col du Béal, qui est à quelques mètres. À travers d’étroites fenêtres d’un petit bâtiment bardé de bois, lié à l’auberge, on devine une ancienne exposition naturaliste encombrée de tables, de chaises, de bâtons de randonnée et de linge de maison. C’est l’observatoire du Col du Béal, ancien lieu d’interprétation de la montagne !
On y suivait le « fabuleux récit » de l’adaptation de l’humain, de la flore et
de la faune aux conditions des Hautes- Chaumes. Après la fusion des communautés de communes et divers changements de gestionnaires de l’auberge, ce site, qui appartient désormais à la communauté de communes Ambert Livradois-Forez, périclite.
Depuis 4 ans, il est définitivement fermé. Un lieu vacant sur le col le plus passant du Forez, quelle aubaine pour Design des Mondes Montagneux ! D’autant plus qu’il suffit de faire 100 mètres pour trouver tourbières, landes, pelouses montagnardes, mais aussi vaches et brebis à la période estivale.
Le but du projet « Passe-montagne » est d’envisager une réouverture de l’Observatoire, en travaillant sur le contenu et la scénographie de la future exposition, tout en pensant la question des accès, des cheminements et des aménagements du Col. À l’intérieur, il serait alors possible de découvrir ou de redécouvrir la richesse humaine et écologique du Forez.
À l’extérieur, on retrouverait une qualité paysagère pour les habitant·es et les touristes, qui pourraient être poussé·es à basculer d’un département à l’autre. Notre but est d’imaginer le nouveau fonctionnement du lieu de l’Observatoire, qui pourrait profiter à la vie du Col et dont les parties prenantes pourraient se saisir. Enfin, notre dernier objectif est de placer le Col et l’Observatoire dans son écosystème plus lointain, à savoir son lien avec la Loire, celui avec les autres lieux d’interprétations et avec les acteur·ices qui animent le Forez.