Design des territoires

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Pimp my Eden bench - nout asiz pou nout kartyé

  • Design des mondes insulaires
  • Date/Période :
    Le 01 decembre 2025

    Auteur(s)/Autrice(s)

    Résident(s)

  • Tina Abenzoar

Comment réactiver un lieu en transition en s’appuyant sur une ressource locale, un savoir-faire collectif et une approche ouverte de l’aménagement ?

Le projet "Pimp My Eden Bench" propose un atelier d’aménagement collaboratif centré sur la fabrication de bancs évolutifs en cryptoméria, une essence locale présente à Bourg-Murat. Pensé comme un outil de réactivation du lieu, l’atelier mêle transmission, expérimentation et appropriation. Chaque duo de participants a pu fabriquer un banc, puis le modifier à partir de ses propres usages. Une manière de construire autrement : ensemble, avec ce qu’on a sous la main.

À Bourg-Murat, sur les hauteurs de La Réunion, l’ancien cinéma Eden est en sommeil. Pour le réactiver, il faut d’abord le réinvestir — physiquement. L’aménagement devient ici un acte collectif, un premier geste pour faire exister à nouveau le lieu. C’est dans cette perspective qu’a été imaginé le projet "Pimp My Eden Bench" : un atelier de fabrication simple, accessible, ancré dans le territoire et pensé pour créer une dynamique partagée.

Au cœur de ce projet, une ressource : le cryptoméria. Arbre très présent dans la région, notamment à Saint-Benoît et Bourg-Murat, il est à la fois local, disponible et sous protection de l’ONF. En l’utilisant, l’atelier vise à valoriser ce matériau tout en sensibilisant à son usage raisonné. C’est aussi un choix pragmatique : travailler avec ce qu’on a autour, dans une logique d’autonomie et de sobriété.

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@Tina Abenzoar
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© Tina Abenzoar

L’atelier s’est déroulé en deux temps.
D’abord, les participants — des duos de résidents — ont appris à construire un modèle de banc simple, conçu pour être monté facilement avec des outils courants. Une personne encadrait l’atelier, transmettait les bases techniques, accompagnait sans imposer. Cette première phase d’initiation a donné lieu à la création d’une notice libre d’accès, pour que chacun puisse reproduire le modèle ailleurs.

Ensuite, chaque duo est revenu personnaliser son banc. L’idée était d’ajouter des "greffes" — des modifications selon leurs envies, besoins, histoires. Cette partie a permis de relier l’objet à son contexte : l’ancien Eden devenait le théâtre de micro-interventions, toutes différentes, mais issues d’un même geste de fabrication.

Quelques exemples :
— Johanna et Stéphanie ont détourné leur banc en un objet hybride, en y intégrant des éléments trouvés (corde, tasseaux, parapluie) : un "porteur abriteur de chronique des ronds-points".
— Santa et Yaya ont brûlé le bois pour transformer son aspect et construit un abri, jouant sur les textures et les fonctions.
— Robin et Alice ont prolongé leur banc avec une toile tendue, utile à leur propre atelier du pôle usages "usine à idées" : une surface d’expression textile pour afficher des idées.

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© Tina Abenzoar
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© Tina Abenzoar
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© Tina Abenzoar
© Guillaume Haurice
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© Tina Abenzoar

Le projet devient donc plus qu’un simple mobilier : il crée du lien, déclenche des récits, fait émerger des usages. Il transforme le geste d’aménagement en expérience collective.
Et surtout, il amorce quelque chose : la réactivation douce mais concrète d’un lieu en attente. Un lieu qu’on n’occupe pas seulement, mais qu’on fabrique ensemble.