Contexte
À notre arrivée sur la commune, nous avons été immédiatement introduits à l’école de Piton Sainte-Rose.
Ma pratique de designer d’espaces, attentive aux enjeux du paysage et mon envie de mener une action concrète avec les enfants m’ont conduite à placer la kour de l’école au centre de ma résidence à Sainte-Rose.
Le projet du kit d’endémisation de la kour est né de trois constats simples mais déterminants.
D’abord, la cour de l’école possède une large surface enherbée mais elle reste peu accessible aux enfants, très minéralisée et surtout presque dépourvue d’arbres. L’école sort d’un long chantier avec la construction d’une grande structure métallique, type préau, et l’imperméabilisation du sol. Ces aménagements étaient nécessaires pour répondre aux fortes pluies fréquentes dans la commune mais ils ont aussi entraîné l’abattage de deux arbres majeurs, très appréciés des enfants, qui apportaient ombre, fraîcheur et repères. Ce manque de végétation est aujourd’hui très ressenti.
Ensuite, le passage du cyclone Garance a laissé des traces visibles sur le paysage. Sur le terrain un constat s’est imposé : la majorité des arbres déracinés ou cassés étaient des espèces exotiques, souvent choisies pour des raisons ornementales ou productives mais peu adaptées à la violence des cyclones. À l’inverse, les arbres endémiques encore présents ont pour la plupart résisté. Leur enracinement profond, leur port dense et leur adaptation au climat réunionnais en font des alliés évidents pour des cours d’école plus résilientes. Ces arbres-là tiennent debout, protègent le sol et les enfants et racontent un autre rapport au vivant.
Enfin, les savoirs sur ces plantes, leurs usages, leurs vertus médicinales et leur lien avec les récits de l’île, se perdent. Il me semble essentiel de les transmettre aux plus jeunes, de les faire revenir dans le quotidien. Replanter des espèces endémiques dans la cour, c’est aussi une façon de reconnecter les enfants à leur territoire, de valoriser ce patrimoine végétal vivant et de leur donner envie d’en prendre soin.
Des enjeux de renaturation de cette cour d’école se dessinent face à son imperméabilisation avancée. De plus, l’importante chute d’arbres provoquée par le cyclone Garance laisse derrière elle une grosse quantité de bois à reconsidérer. Et si cette matière issue du cyclone devenait une ressource pour l’aménagement du territoire ? Enfin, la transmission de notre patrimoine végétal réunionnais ne peut se limiter par une approche folklorisante. Nous devons continuer d'œuvrer pour sa présence dans nos environnements quotidiens, notamment scolaires. Planter devient alors un acte de réancrage de notre héritage.
Approche et méthodologie
Le projet se divise en trois temps qui se chevauchent parfois : une phase d’arpentage avec des collectes de zerbaz et une infusion de savoirs botaniques à travers de la documentation et des rencontres d’acteur.ices environnementaux.les. En parallèle, une phase de conception d’ateliers pour l’école puis d'animations. Et enfin, une phase de développement de projet en itération avec les ateliers.