Design des territoires

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A.C.U. – Aménagement Créatif Urbain

  • Design des mondes insulaires
  • Date/Période :
    12 February 2025

    Auteur(s)/Autrice(s)

    Résident(s)

  • Tina Abenzoar
  • Stéphanie Lebon
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© Tina Abenzoar

Comment redonner une place aux piétons dans une ville pensée pour la voiture, tout en valorisant les lieux culturels existants et en amorçant la réactivation d’un espace public en veille ?

Le pôle mobilité du projet s’est attaché à réinventer l’accès piéton au Karé Culturel Tamponnais, en réponse au manque d’aménagement pour les marcheurs. En créant une entreprise fictive, ACU – Aménagement Créatif Urbain, nous avons dessiné un parcours artistique et temporaire reliant les lieux culturels de la ville. Une manière de rendre la marche visible, d’amorcer la réactivation du cinéma Eden et d’interroger plus largement les enjeux d’accessibilité urbaine.


Au Tampon, marcher est un acte minoritaire. La ville s’est construite autour de la voiture : peu de trottoirs, une circulation rapide, un relief escarpé. Pourtant, à travers la marche, une autre lecture de la ville s’ouvre : plus attentive, plus sensible, plus connectée aux lieux. C’est de ce constat qu’est né le pôle mobilité du projet, avec l’envie de redonner une place aux piétons tout en valorisant le tissu culturel déjà existant.

Nous avons imaginé ACU – Aménagement Créatif Urbain, une entreprise fictive, sorte de service d’intervention artistique légère. Elle déploie des outils de signalisation poétique et de marquage au sol pour tracer un nouveau parcours dans la ville. Ses "produits" ? Des cartes de visite, des mâts de visibilité, des tenues de traçage, un accompagnement des désirs de mobilité, et surtout, une étoile comme base d’un tracé au sol : constellation éphémère qui relie entre eux les lieux culturels du Tampon.

Le Karé Culturel Tamponnais regroupe plusieurs infrastructures majeures : le Théâtre Luc Donat, la Médiathèque, la MJC, le parc Jean de Cambiaire. C’est un pôle vivant mais peu visible depuis la rue. Nous avons voulu rendre ce réseau perceptible pour le piéton, le promeneur, le curieux. Sur ce trajet, d’autres lieux viennent s’ajouter : Bédéland, librairie dédiée à la BD et au manga, lieu de rencontres ; Kolkol, association artistique active, qui fédère artistes locaux et programmation inventive.

La démarche s’est concrétisée autour de deux axes :
— Le tracé piéton, poétique et temporaire, réalisé au sol. Il balise un chemin, crée des jalons visuels, attire l’attention là où il n’y avait que bitume.
— L’activation de la façade du cinéma Eden, bâtiment emblématique du centre-ville aujourd’hui fermé. Visible depuis la rue, il était essentiel d’en raviver la présence. En lien avec les services techniques de la mairie, nous avons remis en état la façade, nettoyé les vitrines, et réinvesti les anciens porte-affiches.

Avec l’association Kolkol, un travail plus poussé a été mené : une co-conception graphique pour les affiches de restitution, mais aussi la fabrication de portes-affiches modulables, pensés pour évoluer, pour accueillir d’autres messages, d’autres récits, au fil du temps. Ces objets ont été pensés comme une infrastructure légère de communication urbaine, entre mobilier, signalétique et support d’expression.

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© Johanna Grégoire
Premier essai au CROUS d’un système de marquage au sol qui guide le visiteur d’un point A à un point B
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© Guillaume Haurice
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© Guillaume Haurice
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© Guillaume Haurice
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Conception graphique du logo : Stéphanie Lebon
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© Guillaume Haurice

Ce projet marque une première étape. Le tracé est éphémère, mais il répond à un besoin réel : rendre la marche possible, agréable et signifiante. Il ouvre une piste de réflexion sur ce que pourrait devenir une mobilité douce, culturelle et co-construite au Tampon. Nous pensons qu’avec une étude de terrain approfondie et une volonté partagée, ce type de parcours pourrait s’ancrer durablement dans le territoire, en s’appuyant sur les dynamiques culturelles existantes et sur la créativité des acteurs locaux.

Conclusion

À travers ACU, nous avons testé une autre manière de penser l’aménagement urbain : légère, collective, expérimentale. Une manière de rendre visibles les invisibles — piétons, lieux culturels, récits urbains. Le projet ne prétend pas résoudre tous les problèmes d’accessibilité, mais il amorce un dialogue. Entre habitants, institutions, artistes. Il propose des gestes simples mais engageants, qui rendent la ville un peu plus marchable, un peu plus vivante. Et surtout, un peu plus partagée.