Design des territoires

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Pied à Terre

  • Design des mondes forestiers
  • Date/Période :
    Du 05 au 29 mars 2025

    Auteur(s)/Autrice(s)

    Résident(s)

  • Adriana Goepp
  • Simon Frajer
  • Eudine Blancardi
  • Bazile Oriol
  • Emma Laval
  • Alice Roux

Un lieu éphémère pour concevoir
avec les habitants
et réinvestir les centre-bourgs

En mars dernier, nous avons occupé une boutique vacante dans le centre-bourg de Bitche pour y installer, pendant quatre semaines, le Pied à Terre. Ce lieu éphémère, convivial et ouvert à tous, a permis de créer un espace de rencontres, de discussions et de rassemblement autour des questions liées à la forêt et à sa gestion. Il a réuni habitants, professionnels, passionnés et curieux dans une dynamique de partage et d’échanges collectifs. Nous y avons proposé des ateliers de co-création pour alimenter les projets en cours, ainsi que des temps de sensibilisation : projections de films, lectures, débats et échanges informels. Le Pied à Terre a ainsi servi de laboratoire vivant pour expérimenter, dialoguer et faire émerger des idées et étoffer les pistes de projets pour la suite de notre travail.

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© Bazile Oriol, © Emma Laval
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© Adriana Goepp
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© Adriana Goepp
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© Adriana Goepp
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© Adriana Goepp

Projections de courts-métrages

La programmation du Pied à Terre s’est ouverte avec un temps fort : un ciné-débat autour de deux courts métrages documentaires de François-Xavier Drouet, Pour quelques mètres cubes de plus et Dernière génération. Co-produits par L’Atelier documentaire et proposés par le Réseau des Alternatives Forestières, ces films offrent un regard critique et sensible sur l’évolution des pratiques forestières en France. La projection a été suivie d’un échange permettant aux participants de débattre des enjeux soulevés par les films.

Discussions-débats

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© Adriana Goepp
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© Adriana Goepp

La première discussion débat a réuni Pauline Fath (présidente de l’association Les Chabots), David Buchheit (maraîcher à la ferme du Potager du Bitcherland) et René Scheid (président de l’Association des arboriculteurs de Volmunster) pour explorer les multiples relations entre l’arbre et les pratiques agricoles, vivrières et sensibles

Le second débat a réuni Ianis Khum (forestier à l’ONF) et Frédéric Destailleur (débardeur à cheval, médiateur au PNRVN). Ensemble, ils ont questionné les modes actuels de gestion forestière : impacts sur les écosystèmes, adaptation climatique, essences locales, forêts en libre évolution, et relocalisation de la filière bois.

Ateliers de co-création

Les ateliers de co-création ont été menés avec comme support un jeu de médiation inspiré de notre diagnostic et ouvert librement au public avec 3 temps de médiation dédiés. L’objectif principal de cette méthodologie de projet consiste à ouvrir la discussion entre les participants pour identifier des envies ou des besoins pour le territoire, confirmer ou infirmer des éléments de diagnostic et affiner des pistes de projet. Elle permet également de sensibiliser et informer de manière informelle. 

Le jeu de médiation proposait des cartes acteurs (professionnels et profils habitants caractéristiques du territoire), des cartes lieux (les différents espaces naturels forestiers et agricoles ainsi que les typologies bâties récurrentes), des cartes actions (propositions ciblées d’action et d’aménagement à mettre en oeuvre, à compléter en fonction des parties jouées). Le jeu, sans règles prédéfinies, offre la possibilité de s’adapter aux participants en mobilisant, au choix, les tuiles lieux comme support spatial à l’élaboration d’un scénario de projet, les cartes acteurs comme point de départ d’un jeu de rôle, les cartes actions comme autant de pistes créatives à développer sur des lieux ou avec des acteurs identifiés.

Les thématiques principales émergées des différentes parties jouées (individuellement ou en groupe) concernent l’éducation (à travers des actions de sensibilisation, des parcours pédagogiques, l’école du dehors), le tourisme et les loisirs en forêt (via des aménagements légers souvent convergent vers de la sensibilisation au milieu naturel), la production alimentaire (en forêts cultivées ou portée sur les essences arboricoles domestiques de vergers). La nature des projections sur ces thématiques a révélé des formats de projet de services (à dominante publics ou associatifs), axés sur une mise en réseau de micro-projets (souvent disséminés dans des lieux de nature différentes et permettant de se compléter à des échelles différentes). Par exemple: une forêt communale avec un sentier éducatif, une ancienne ferme pour accueillir un artisan travaillant les essences locales et une boutique vacante de centre-bourg pour valoriser ses productions. Enfin, des pistes de mutualisation de moyens de production (pour les métiers du bois, pour la transformation comme pour l’exploitation sylvicole) ont émergé.

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© Adriana Goepp

Retour sur expérience

Le public touché

Le public ayant pris part aux évènements proposé au Pied à terre a constitué pour la majeure partie un public identifié comme déjà sensibles et relativement informés sur les enjeux de gestion et d’exploitation forestière avec d’une part des professionnels (forestiers, ancien forestiers, chambre d’agriculture) ou d’une autre des habitants non-experts mais sensibles aux enjeux environnementaux, ou des curieux. Le dispositif a également attiré une catégorie de personnes intéressées par la démarche et la méthodologie de projet proposé (participation habitante, mise en lien d’acteurs). Enfin, la recherche poursuivie sur les questions de transmission a amené des publics scolaires (une classe de 4e du collège de Bitche et une classe de 2nde du lycée Teyssier) à prendre part à des ateliers de co-création.

Le format proposé

Le format de l’occupation temporaire interroge sur sa nature et sa temporalité. On observe qu’une telle proposition lancée dans un centre-bourg peu dynamique peine à attirer l’attention d’un public non averti. Le format était-il trop impressionnant (débats, projections, ateliers…)? Aurions-nous dû nous greffer à une initiative existante (café philo par exemple)? Comment toucher plus largement des publics non sensibilisés? Notre expérience est également à mettre en regard d’une réalité sociale et politique. L’approche participative questionne autant la recherche de légitimité des concepteurs dans leurs pratiques que celle attribuée à la parole habitante dans les processus  décisionnels d’aménagement des territoires.

Les liens aux projets

Le mois d’occupation du Pied à Terre a été un mois fertile pour la mise en relation d’acteurs et l’émergence de pistes de projet concrètes notamment pour le projet de redynamisation de l’ancien verger communal de Schweyen et pour l’atelier nomade. Les temps de réflexions internes confrontés aux échanges avec habitants et professionnels ont permis également d’étoffer les propositions de projet sur les questions de commun et de transmission/pédagogie.