
Au creux de la vallée de la Schwalb, nous avons vécu 10 mois. Lovés dans les rondeurs de ces collines, bercés par le bruit de l’eau, nous avons regardé mois après mois le paysage changer. Le ciel changeant ses humeurs au fil d’un long hiver froid et humide. À l’arrivée du printemps, le soleil réveilla le bleu intense du ciel et des collines verdoyantes. Parfois, l’on montait sur cette colline pour regarder le moulin et sa vallée. De là-haut, l’on comprenait le parcours de ces chemins suivant ces nombreux filets d’eau. Au détour d’un chemin de terre, des objets à la croix haute perchée contemplent le paysage. Ils parsèment le territoire, et rappellent le travail de ces mains qui ont taillé et gravé la pierre rose du grès. Silencieux dans le paysage, ils conservent un passé secret, une blessure douloureuse. Accolés aux murs chauds des maisons, ils sont des phares dans le paysage. Repères immobiles d’un territoire vivant, ils sont la mémoire d’un passé à oublier et d’un paysage à panser.

























