Au Théâtre de la Concorde, cette intuition prend corps à travers un ensemble de rencontres, performances, ateliers et installations croisant les regards du design, de l’architecture, des sciences sociales et des arts. Cette diversité de formats reflète une conviction forte : penser la ville suppose de décloisonner les disciplines et d’ouvrir le débat à une pluralité d’acteurs. Les artistes, chercheurs, architectes et habitants sont ainsi invités à dialoguer pour faire émerger de nouvelles représentations urbaines.
Ce qui se joue ici relève aussi d’une éthique. Penser une ville sensible, c’est accepter de ralentir, de reconnaître les vulnérabilités. C’est faire place à celles et ceux que la ville oublie trop souvent. C’est ainsi qu’au cœur de cette démarche se retrouve la notion de « care ». Concevoir une ville sensible, c’est imaginer des espaces capables de prendre soin des individus et du vivant. Cela implique de s’intéresser aux inégalités d’accès, aux fragilités sociales et environnementales, mais aussi aux pratiques quotidiennes. Le design devient alors une pratique profondément politique, orientée vers l’inclusion et la qualité des relations sociales.
L’une des spécificités de cette programmation réside dans sa dimension participative. Le festival s’inscrit dans un processus plus large de co-construction, nourri par des contributions citoyennes. Les habitants ne sont plus seulement des usagers mais des acteurs à part entière du projet urbain dont les imaginaires deviennent des ressources essentielles pour penser la ville autrement.