Design des territoires

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Festival Ville Sensible

  • Design des territoires
  • Date/Période :
    Du 15 au 16 mai 2026

    Auteur(s)/Autrice(s)

  • Marie Corvaisier
  • Résident(s)

  • Leelou Guével
  • Nolwenn Jamme
  • Tom Chourreau
  • Saymon Stasiak
  • Romane Plumer Chabot

Une invitation à réinventer la ville :

Au cœur de sa programmation 2026, le Théâtre de la Concorde esquisse une invitation particulière : repenser le lieu culturel pour penser autrement la ville. Initié par l’historien Patrick Boucheron et les architectes Jacques Ferrier et Pauline Marchetti, cette dernière étant également coordinatrice pédagogique pour Design des Territoires, le Festival Ville Sensible ambitionne ainsi d’explorer les nouvelles manières de concevoir et d’habiter le monde urbain. Design des Territoires interviendra pour discuter des manières dont les approches sensibles et participatives peuvent renouveler les pratiques de conception urbaine.

Les 15 & 16 mai au Théâtre de la Concorde.

Retrouvez toutes les captations vidéo du festival :

https://www.youtube.com/@AssociationVilleSensible

Le sensible au cœur du projet urbain

Longtemps, la fabrique urbaine s’est construite autour d’impératifs d’efficacité : les rues étaient des axes, les places des nœuds et les habitants des flux. Mais à force d’efficacité, quelque chose s’est tu : la sensation même d’habiter. Cette approche a produit des espaces performants mais souvent standardisés et déconnectés des expériences vécues. La ville sensible surgit alors comme une réponse : elle ne cherche pas seulement à organiser l’espace, mais à en révéler les intensités en renversant notre perspective. Et si nous replacions les corps, les émotions et les usages au cœur du projet urbain ?

De la ville fonctionnelle à la ville vécue

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Au Théâtre de la Concorde, cette intuition prend corps à travers un ensemble de rencontres, performances, ateliers et installations croisant les regards du design, de l’architecture, des sciences sociales et des arts. Cette diversité de formats reflète une conviction forte : penser la ville suppose de décloisonner les disciplines et d’ouvrir le débat à une pluralité d’acteurs. Les artistes, chercheurs, architectes et habitants sont ainsi invités à dialoguer pour faire émerger de nouvelles représentations urbaines.

Ce qui se joue ici relève aussi d’une éthique. Penser une ville sensible, c’est accepter de ralentir, de reconnaître les vulnérabilités. C’est faire place à celles et ceux que la ville oublie trop souvent. C’est ainsi qu’au cœur de cette démarche se retrouve la notion de « care ». Concevoir une ville sensible, c’est imaginer des espaces capables de prendre soin des individus et du vivant. Cela implique de s’intéresser aux inégalités d’accès, aux fragilités sociales et environnementales, mais aussi aux pratiques quotidiennes. Le design devient alors une pratique profondément politique, orientée vers l’inclusion et la qualité des relations sociales.

L’une des spécificités de cette programmation réside dans sa dimension participative. Le festival s’inscrit dans un processus plus large de co-construction, nourri par des contributions citoyennes. Les habitants ne sont plus seulement des usagers mais des acteurs à part entière du projet urbain dont les imaginaires deviennent des ressources essentielles pour penser la ville autrement.  

« Penser la ville autrement »

Parmi ses temps forts, la rencontre « Penser la ville autrement », le 16 mai à 16h, incarne pleinement cette ambition. Elle s’inscrit dans un moment de bascule : celui où l’architecture et le projet urbain ne vont plus de soi. L’acte de construire est désormais discuté, parfois contesté. Les seuils d’acceptabilité des projets se transforment, sous l’effet des exigences sociales et environnementales. Il devient urgent de repenser les manières de fabriquer la ville, de la réinscrire dans une expérience sensible et partagée.

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La discussion réunit plusieurs voix aux horizons complémentaires : Ariane Brioist, responsable du programme Design des Territoires à l’École des Arts Décoratifs-PSL ; Amaena Guéniot, philosophe ; Sabrina Ayelo, urbaniste ; et Hugo Martin, historien de l’art.

Ensemble, ils interrogent les outils démocratiques disponibles aujourd’hui pour penser et faire la ville autrement. Comment décider autrement ? Comment ouvrir les processus ? Comment faire émerger des formes d’adhésion qui ne reposent plus seulement sur la technique, mais sur le sens, le partage et la justice ?

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Amaena Guéniot
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Hugo Martin
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Sabrina Ayelo
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Ariane Brioist

La performance

La rencontre est introduite par une performance conçue par Marion Nielsen, architecte et enseignante, et la promotion Design des Mondes Urbains de l’École des Arts Décoratifs - PSL (Tom Chourreau, Leelou Guével, Nolwenn Jamme, Romane Plumer Chabot et Saymon Stasiak). Par le geste artistique, ils donnent à voir et à sentir ce que pourrait être une autre manière d’habiter la ville.

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Penser une ville sensible revient finalement à repenser notre rapport au territoire. La ville sensible n’est pas un modèle figé, mais une démarche en construction, un horizon commun qui invite à réinventer collectivement nos manières d’habiter le monde.

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Retour sur le Festival

Et si les pratiques de terrain avaient besoin d'un nouveau langage pour exister?

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Défaire les cadres

À travers une forme hybride mêlant théâtre, manifeste collectif et conférence performée, le Collectif 1 : 10 nous présente un Dictionnaire de mots alternatifs pour des alternatives au projet, et propose une réflexion sensible et politique sur les manières contemporaines de concevoir les territoires. Porté par cinq jeunes praticien·nes engagé·es dans le programme Design des territoires, et par Marion Nielsen de l'EnsadLab, ce texte explore les gestes invisibles du travail d'enquête et d’immersion mené au sein des collectivités territoriales.

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Petit manuel de désorientation territoriale

Cette intervention prend la forme d’une performance collective mêlant prise de parole, lecture chorale, humour et mise en scène d’un faux dictionnaire. Ils et elles interrogent en creux les façons traditionnelles de concevoir les projets territoriaux.

En partant du constat d'un essoufflement des méthodes classiques des politiques publiques et de l’aménagement, étant souvent linéaires, cloisonnées et technocratiques (succession de commandes, devis, plans, chantiers et validations.) La défense d'une alternative au projet s'impose, non pas comme opposition totale, mais comme déplacement des temporalités, des méthodes et des relations

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Sur Scène : une table ronde et des mots éparpillés au sol. S'il est un vocabulaire classique que tout le monde peut saisir d'emblée, le langage se doit de suivre les évolutions des pratiques et se réinventer avec elles. Le cœur de l’intervention repose ainsi sur six verbes clés, décrivant leurs méthodes de travail :
Marcher, Rencontrer, Dialoguer, Habiter, S’engager, Activer.

Ils sont jugé comme insuffisants, et sont détournés et enrichis par l’invention de néologismes poétiques et humoristiques. Inventer des mots devient un moyen de rendre visible un travail souvent difficile à expliquer, de transmettre autrement des pratiques complexes ; de rester attentif au sens des mots utilisés dans les métiers du projet.

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S’ancramourer : développer un attachement affectif à un territoire.

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Dialocontrer : dialoguer pour permettre une rencontre approfondie.

Mais encore :

  • Marcontrer : marcher vers la rencontre ;
  • Renconcher : rencontrer quelqu’un qu’on ne voulait pas croiser ;
  • Entremission : faire d’un projet un intermédiaire de relations durables ;
  • Silogué : désigner une organisation enfermée dans des logiques de silo ;
  • Habijourner : habiter un lieu tout en gardant un regard curieux de découverte ;
  • Ouiation : moment où un “oui” débloque enfin un projet ;
  • S’engachanter : s’engager en apportant créativité et joie ;

Les intervenants et intervenantes revendiquent ainsi un langage qui ne soit pas seulement descriptif, mais opérant : un langage qui marche, habite, rencontre, dialogue, engage et active.

Cette performance réflexive transforme le plateau en laboratoire lexical et politique, où la langue devient un terrain d’expérimentation pour imaginer d’autres façons de faire projet et territoire.

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